En France, les prix ont encore grimpé de plus de 3% au premier semestre

C’est la prévision des promoteurs immobiliers qui dénoncent le «modèle décroissant» dans lequel les pouvoirs publics installent le logement.

«On installe peu à peu le logement dans un modèle décroissant». Cette critique à peine voilée à l’égard notamment des maires verts fraîchement élus, émane de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Pour elle, les critiques à l’égard du logement neuf (artificialisation des sols, densité urbaine, bétonisation…) sont «nourries d’une profonde méconnaissance » et risque d’aggraver encore plus la situation d’un marché déjà en crise. «J’ai l’impression que sa gravité n’est pas comprise», déclare Alexandra François-Cuxac.

La présidente de la FPI regrette que le plan de relance du gouvernement, dévoilé début septembre, n’offre qu’une faible place à la construction au profit de la rénovation. Pourtant, à l’instar du marché ancien, le neuf pâtit aussi d’un manque significatif d’offres. «Ce modèle décroissant qui s’installe est le plus sûr moyen d’aggraver la pénurie et de retarder l’émergence de la ville durable», martèle Alexandra François-Cuxac.

Et qui dit pénurie de logements, dit hausse des prix. Une augmentation qui a déjà pris corps malgré le Covid même si elle semble commencer à ralentir. En France, les prix ont encore grimpé de plus de 3% au premier semestre, sur un an (après +5,2% au premier semestre 2019, sur un an). Même constat pour l’Ile-de-France: +2,3% (contre 3,2% en 2019). Dans les régions, la hausse s’est même maintenue à son niveau d’il y a un an: +4,5%.

«La ville du ¼ d’heure, c’est le logement neuf qui est en mesure de porter ce projet»

L’explication est simple: à cette pénurie de logements s’ajoute une demande encore plus forte pour des logements plus grands, entourés d’espaces verts, à des prix abordables et pas trop excentrés. Des critères qui ne sont pas toujours évidents à satisfaire tous à la fois. Pour répondre à cette demande croissante, l’offre devra suivre. Et aux dires de la FPI, le compte n’y sera pas. Même pas du tout.

En 2020, environ 350.000 logements seront construits, soit 100.000 de moins qu’en 2019. Si rien n’est fait, la fédération estime que la France passera sous la barre des 250.000 en 2021. «Le neuf n’est pas un problème, c’est une solution pour loger les Français et leur donner le cadre de vie sain, confortable et durable auquel ils aspirentLa ville du ¼ d’heure, c’est le logement neuf qui est en mesure de porter ce projet», assure la présidente de la FPI.

Avec un mot d’ordre: la sobriété. «La sobriété est différente de la décroissance. Elle permet de lutter contre le gaspillage, déclare Alexandra François-Cuxac. Nous devons entrer dans un schéma de développement durable. Il faut alléger l’emprise au sol pour renaturer la ville. Ainsi, les prix baisseront. Il faut aussi augmenter la hauteur des bâtiments. Construire la ville durable en R+2, c’est illusoire». Tout un programme qui ne peut être mis en musique qu’avec l’aval des maires. Sans quoi le secteur doit se préparer à des «mois voire des années très difficiles», selon la FPI.

Source: Le Figaro